Je fuyais la banalité, je fuyais les erreurs, le temps qui passe. A force de vouloir être différente je suis devenue le clone d'un millions de sales gosses, pourris, gâtés, avec la veille pareille au lendemain, les jours qui passent et qui se ressemblent. J'ai compris que telle serait ma vie, ça me plaisait, ça me plait, de toute façon je ne peux plus rien changer. Je suis devenue accro au Marlboro, je passe mon temps à tirer comme une ridicule marionnettes sur des clopes YSL, je me drogue, mais j'aime ça. Je sors avec Sam depuis deux mois, j'en ai rien à foutre de lui, il en a rien à foutre de moi, on est heureux de se le dire. Je sors avec pour que les vieux pervers en boîtes me lâchent, il sort avec moi pour avoir l'air inaccessible auprès des autres nanas. Il n'a pas compris que ça ne changeait rien, que les nanas étaient quand même raides dingues de lui. Je suis consciente de sa réputation de salop, mais j'en fiche, j'ai une réputation de salope. J'en suis fière car à seize ans, c'est pas donné à tout le monde d'avoir ce genre de réputation. Mes parents je les aime que pour leurs frics de toute façon c'est la seule chose qu'ils peuvent me donner, ils ne connaissent pas la définition du mot « amour » quand il s'agit de leur gosses. J'ai une jumelle internée depuis quatre semaines pour cause d'overdose. Nos parents l'ont déposé là bas avant de se casser pour New York. Elle déprime depuis, a déjà tenté de se suicider là bas avec un couteau en plastique, la pauvre n'a fait qu'aggravé son état. Ca lui vaut trois semaines en plus dans ce lit pâle et froid. Moi je continu ma vie, enchaînant fêtes sur fêtes, séchant les cours depuis la rentrée, et je me porte pas moins mal.
Vous pouvez m'appeler X et me coller à la peau d'un stéréotype, ça m'est égal.

# Postato venerdì 20 giugno 2008 07:25

Modificato sabato 04 ottobre 2008 09:20